8 min · Fiscalité · Soignantes libérales
- Micro-BNC ou déclaration contrôlée, ce sont deux façons de calculer ce sur quoi tu seras imposée, pas deux niveaux de sérieux.
- Le micro-BNC applique un forfait de 34 % de ce que tu encaisses, avec un minimum de 305 € (article 102 ter du code général des impôts).
- La déclaration contrôlée retient ce que ton cabinet te coûte pour de vrai, ligne par ligne, avec les justificatifs.
- Le plafond du micro-BNC dit si tu y as droit. Il ne dit pas si tu y as intérêt.
- Pour trancher, il faut un seul chiffre : ce que ton cabinet te coûte sur douze mois.
Micro-BNC ou déclaration contrôlée, c'est la question qui tombe au pire moment : celui où tu dois remplir ta déclaration, avec un mot que personne ne t'a expliqué. Tu n'as pas raté un cours. Ces deux termes ne figurent nulle part dans une formation de soignante.
Deux façons de calculer
Les deux régimes servent à la même chose : dire à l'administration fiscale combien ton activité t'a rapporté. Ils s'y prennent différemment, et c'est là que tout se joue.
Le micro-BNC marche au forfait. Tu déclares ce que tu encaisses dans l'année, l'administration retire d'office 34 % pour représenter ce que ton cabinet te coûte, avec un minimum de 305 €. Tu es imposée sur ce qui reste.
La déclaration contrôlée marche au réel. Tu déclares ce que tu encaisses et, en face, ce que ton cabinet te coûte vraiment : le local, le matériel, les déplacements, les cotisations. Tu es imposée sur la différence.
Ce forfait de 34 % et son minimum de 305 € sont posés à l'article 102 ter du code général des impôts, consultable sur Legifrance. La déclaration contrôlée, elle, passe par la déclaration n° 2035, dont le formulaire est republié chaque année sur impots.gouv.fr.
- Tu déclares seulement ce que tu encaisses
- Abattement forfaitaire de 34 %, minimum 305 €
- Pas de comptabilité détaillée à tenir
- Tes dépenses réelles ne changent rien à l'impôt
- Réservé en dessous d'un plafond
- Tu déclares ce que tu encaisses et ce que ton cabinet te coûte
- Ce sont tes dépenses réelles qui comptent
- Comptabilité à tenir et justificatifs à garder
- Déclaration n° 2035 à déposer chaque année
- Accessible sur option, et obligatoire au-dessus du plafond
Aucun des deux n'est plus professionnel que l'autre. Le bon choix dépend d'un seul élément : ce que ton cabinet te coûte réellement sur une année complète.
Le plafond qui décide pour toi
Le micro-BNC s'arrête à un plafond de recettes. Au-dessus, la déclaration contrôlée s'applique et la question ne se pose plus.
Pour les revenus des années 2023, 2024 et 2025, ce plafond est fixé à 77 700 € de recettes. Il est révisé tous les trois ans, donc vérifie le montant en vigueur pour l'année que tu déclares directement sur impots.gouv.fr.
Le plafond se regarde sur ce que tu as encaissé les années précédentes, pas sur l'année en cours. Une belle année isolée ne te fait donc pas basculer du jour au lendemain. Les années exactement prises en compte sont détaillées sur impots.gouv.fr.
Les 77 700 € valent pour les revenus 2023 à 2025. Avant de te fier à un montant lu sur un groupe Facebook, ouvre impots.gouv.fr et regarde l'année que tu déclares. Un plafond périmé, c'est une mauvaise décision toute l'année.
Ce plafond parle de ce que tu encaisses. Une infirmière qui fait 200 kilomètres par jour, une kiné qui paie un loyer de cabinet et une psychomotricienne qui loue une salle à la demi-journée peuvent encaisser la même somme et garder des montants très éloignés.
Le plafond répond donc à la moitié de la question : il dit si tu as droit au micro-BNC. Pour savoir si tu y as intérêt, il faut descendre d'un cran.

Micro-BNC ou déclaration contrôlée : le calcul
Le forfait de 34 % est un pari. L'administration parie que ton cabinet te coûte environ un tiers de ce que tu encaisses. Parfois elle a raison, parfois elle est très loin du compte.
Si ton cabinet te coûte moins que ça, le micro-BNC joue en ta faveur : tu déduis plus que ce que tu dépenses. S'il te coûte davantage, tu paies de l'impôt sur de l'argent que tu n'as jamais gardé.
Toute la question tient donc dans une comparaison : ce que ton cabinet te coûte sur douze mois, face à 34 % de ce que tu encaisses sur les mêmes douze mois. Micro-BNC ou déclaration contrôlée, la réponse sort de là.
Ce qui entre dans ce que ton cabinet te coûte : le loyer ou la redevance du local, le matériel, les déplacements, l'assurance, les logiciels, la formation, les cotisations obligatoires, et la cotisation de prévoyance quand le contrat est un contrat Madelin, dans les limites prévues. La liste des dépenses admises est publiée sur impots.gouv.fr et dépend de ta profession.
Là où ça coince : pour comparer, il faut connaître ce chiffre. Beaucoup de soignantes ne l'ont jamais additionné, parce que les dépenses partent d'un peu partout. Du compte pro, du compte perso, d'une carte bleue un samedi entre deux visites.
Reconstituer douze mois de dépenses éparpillées prend du temps, et ça remue. Regarder ses chiffres en face la première fois, c'est rarement une partie de plaisir. C'est aussi ce qui rend la réponse évidente en dix minutes.
Ce que le réel demande vraiment
Passer à la déclaration contrôlée veut dire tenir une comptabilité régulière : ce que tu encaisses, ce que tu dépenses, dans l'ordre, avec les justificatifs qui vont avec.
S'y ajoutent un registre pour le matériel qui sert plusieurs années, et une déclaration n° 2035 à déposer au printemps, en plus de ta déclaration de revenus habituelle. La date limite change d'une année sur l'autre et elle est publiée sur impots.gouv.fr.
Un mot sur les organismes de gestion agréés, parce que la règle a changé. Ne pas y adhérer coûtait cher : le bénéfice déclaré était majoré. Cette majoration a été supprimée par étapes et ne s'applique plus depuis l'imposition des revenus de 2023. Le calendrier de cette suppression figure dans la loi de finances pour 2021, consultable sur Legifrance.
En face, le micro-BNC demande beaucoup moins de travail : tu reportes ce que tu as encaissé sur ta déclaration de revenus complémentaire, et c'est plié. Cette simplicité se paie quand ton cabinet te coûte cher.
Entre micro-BNC ou déclaration contrôlée, l'arbitrage se compte donc aussi en heures et en soirées, pas seulement en euros d'impôt.

Changer de régime, et après
Si tu es sous le plafond, tu peux quand même choisir la déclaration contrôlée. Cette option se formule auprès de ton service des impôts, dans les délais de dépôt de déclaration. Les conditions et la durée d'engagement sont détaillées sur impots.gouv.fr.
L'option n'est pas gravée dans le marbre. Un retour au micro-BNC reste possible en respectant les délais prévus, rappelés sur le même site.
Le choix ne s'arrête pas à l'impôt. Le revenu que tu déclares au fisc sert aussi de base au calcul de tes cotisations. Changer de régime change donc ce chiffre. Les règles de calcul sont publiées sur urssaf.fr et varient selon ta profession et ta caisse.
Choisir un régime dans l'espoir de payer moins de cotisations, c'est prendre le problème par le mauvais bout. Le régime décrit ce que tu gagnes vraiment. Si le chiffre pique, c'est le chiffre qu'il faut regarder.
Que ta profession soit conventionnée ou non, la question du régime fiscal se pose de la même façon. Le régime fiscal et le statut juridique sont deux décisions distinctes, prises à deux moments différents. Le second a son propre article.
Le bon moment pour trancher, c'est quand tu connais ce que ton cabinet te coûte. Avant, tu joues à pile ou face. Chez Coach Ton Cab, c'est le premier chiffre qu'on pose sur la table, avant toute autre discussion.
Questions fréquentes
Je viens de m'installer, je prends quoi ?
En dessous du plafond, le micro-BNC s'applique par défaut, sans démarche. La vraie question à te poser : combien t'a coûté ton installation cette année. Une première année chargée en matériel, en local et en équipement pèse souvent plus de 34 % de ce que tu encaisses. Fais l'addition avant de laisser le régime par défaut décider.
Micro-BNC et micro-entrepreneur, c'est pareil ?
Non. Le micro-BNC est un régime de calcul de l'impôt. Le micro-entrepreneur est un régime plus large, qui touche aussi les cotisations. Et il n'est pas ouvert à toutes les soignantes : ça dépend de ta profession et de ta caisse de retraite. Les auxiliaires médicaux relevant de la CARPIMKO n'y ont pas accès. Vérifie auprès de ta caisse et sur urssaf.fr.
Et si je dépasse le plafond en cours d'année ?
Le plafond se regarde sur ce que tu as encaissé les années précédentes, pas en temps réel. Tu ne changes donc pas de régime en plein mois de septembre. Les années exactement retenues et le moment du basculement sont expliqués sur impots.gouv.fr, c'est la seule source à jour.
Dois-je adhérer à un organisme de gestion agréé ?
Ce n'est plus nécessaire pour éviter une majoration de ton bénéfice : elle ne s'applique plus depuis l'imposition des revenus de 2023. Certaines soignantes y restent pour la relecture et l'accompagnement déclaratif. C'est devenu un choix de confort, à mettre en face de son coût.
Le micro-BNC fait-il payer moins d'impôt ?
Ça dépend uniquement de ce que ton cabinet te coûte. En dessous de 34 % de ce que tu encaisses, il t'avantage. Au-dessus, il te fait payer de l'impôt sur de l'argent parti en dépenses. Aucune règle générale ne remplace le calcul sur tes propres chiffres.
Je peux changer chaque année ?
L'option pour la déclaration contrôlée a une durée et des délais à respecter, et le retour au micro-BNC obéit aux mêmes règles. C'est un choix qui t'engage pour plusieurs années. Les modalités en vigueur sont sur impots.gouv.fr.
- Micro-BNC ou déclaration contrôlée, ce sont deux modes de calcul : le forfait ou le réel.
- Le micro-BNC retire d'office 34 % de ce que tu encaisses, avec un minimum de 305 € (article 102 ter du code général des impôts).
- Le plafond était de 77 700 € pour les revenus 2023 à 2025, et il est révisé tous les trois ans : vérifie l'année concernée sur impots.gouv.fr.
- La comparaison à faire tient en une ligne : ce que ton cabinet te coûte, face à 34 % de ce que tu encaisses.
- La déclaration contrôlée demande une comptabilité tenue, des justificatifs classés et une déclaration n° 2035 chaque printemps.
- La majoration pour non-adhésion à un organisme de gestion agréé ne s'applique plus depuis l'imposition des revenus de 2023.
- Ton régime fiscal change aussi la base de tes cotisations : les règles sont sur urssaf.fr et dépendent de ta profession.
Tu bloques parce que tu ne sais pas ce que ton cabinet te coûte. C'est le point de départ de Boost Tes Finances : on additionne tes charges fixes, tes charges variables, tes cotisations, et on traduit le tout en nombre de séances par mois. Ensuite, le choix du régime devient une évidence au lieu d'un pari. Emma.
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